Messidor an II
Juillet 1995, dans le Pajottenland flamand. Sébastien Girard, jeune correspondant local qui rêve d'un vrai contrat, capte sur son scanner l'appel qui va changer sa vie : un « tueur à vélo » abat des familles paisibles, de bons chrétiens sans histoire. Huit morts en quelques heures, et partout les mêmes signes discrets — un crucifix, un poisson stylisé. Le carnage a une logique que personne ne voit encore.
Pour la comprendre, il faut remonter deux siècles en arrière. Messidor, an II : les armées de la Révolution française déferlent sur la Belgique. Dans les champs de lin autour de Hal, la jeune Clémence voit passer Saint-Just et les demi-brigades de Sambre-et-Meuse, fraîches vainqueurs de Fleurus. Bientôt le Concordat placera l'Église sous la tutelle du pouvoir civil — et quelques croyants, menés par les religieux Stevens et Winnepenninckx, refuseront de plier. Ils entrent en schisme, puis dans la clandestinité. Ce sont les Stévénistes, dissidence bien réelle dont les derniers fidèles survivent, isolés, jusqu'à nos jours.
D'une époque à l'autre, un même fil : celui d'une foi dévoyée qui traverse les siècles sans rien perdre de sa violence. Roman historique documenté — l'auteur sème en notes de bas de page ce qui relève du vrai et ce qui relève de l'invention — Messidor an II n'a, selon ses propres mots, que deux ambitions : distraire, et faire réfléchir à l'intégrisme religieux d'aujourd'hui. Car il n'est pas si différent de celui d'hier. Ni si différent d'une religion à l'autre.